Guide essentiel role de l’urssaf missions et cotisations

L’URSSAF est souvent perçue comme un simple organisme chargé de prélever des cotisations. En réalité, son rôle est bien plus vaste et stratégique dans le fonctionnement de la protection sociale en France. Comprendre précisément le rôle de l’URSSAF est indispensable si vous envisagez de signaler une fraude, un travail dissimulé, une fausse déclaration ou tout autre comportement abusif lié aux cotisations sociales. Pour les salariés, les indépendants, les employeurs ou encore les personnes en situation de handicap bénéficiant d’aides, savoir comment agit l’URSSAF permet de mieux protéger ses droits… et de mieux identifier ce qui constitue une infraction.

Sur un site comme Cyberdénonciation, qui a pour objectif de guider pas à pas les personnes souhaitant dénoncer de manière anonyme et sécurisée des comportements illégaux, il est essentiel d’expliquer comment l’URSSAF intervient dans la lutte contre la fraude sociale. L’organisme dispose de pouvoirs de contrôle, d’enquête et de sanction très concrets. Il peut intervenir dans les entreprises, chez les travailleurs indépendants, dans certaines associations, mais aussi recouper des informations avec d’autres administrations (impôts, CAF, Pôle emploi, etc.). Comprendre ce fonctionnement aide à mieux construire un signalement efficace et juridiquement solide.

Ce guide détaillé va vous permettre de :

  • comprendre le rôle de l’URSSAF dans le financement de la protection sociale ;
  • identifier les principaux types de fraudes et d’abus que l’URSSAF traque (travail dissimulé, cotisations non payées, faux statuts, etc.) ;
  • savoir comment, où et dans quelles conditions vous pouvez signaler une situation suspecte ;
  • connaître vos droits, vos garanties et les risques éventuels lorsque vous décidez de partager des informations sensibles ;
  • vous préparer concrètement : quelles preuves rassembler, comment protéger votre anonymat, quelles erreurs éviter.

L’objectif est de vous apporter des informations pratiques, activables et équilibrées, sans inciter à la dénonciation abusive. Le rôle de l’URSSAF n’est pas de traquer à tout prix, mais de garantir que les règles sociales sont respectées pour tous, que les cotisations sont correctement versées et que le système reste soutenable. À travers des exemples concrets et des conseils ciblés, ce guide vous aidera à mieux utiliser les services de l’URSSAF lorsque vous êtes témoin d’un abus, tout en restant dans un cadre légal et éthique.

Comprendre le rôle de l’URSSAF dans le système de protection sociale

L’URSSAF (Unions de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales) a une mission centrale : collecter les cotisations et contributions sociales qui financent la protection sociale en France. Ces cotisations servent à payer les retraites, les soins de santé, les allocations familiales, les indemnités en cas d’accident du travail, la couverture chômage ou encore certaines aides liées au handicap. Sans le recouvrement organisé par l’URSSAF, une grande partie du modèle social français ne pourrait tout simplement pas fonctionner.

Concrètement, les URSSAF sont chargées de calculer et d’encaisser les cotisations auprès :

  • des employeurs (entreprises, associations, particuliers employeurs) pour les salaires versés ;
  • des travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) ;
  • de certains organismes publics ou parapublics ;
  • dans certains cas, de particuliers dans le cadre de dispositifs spécifiques (assistantes maternelles, emploi à domicile, etc.).

Les sommes collectées sont ensuite redistribuées vers différents régimes de sécurité sociale, caisses de retraite, caisses d’allocations familiales, et autres organismes sociaux. Les cotisations sociales ne sont donc pas une taxe abstraite : elles sont au cœur de la solidarité nationale et de la protection sociale pour tous. Quand un employeur sous-déclare les salaires ou ne paie pas les cotisations, il ne porte pas seulement atteinte au salarié concerné ; il pénalise aussi l’ensemble du système.

Le rôle de l’URSSAF ne se limite pourtant pas à encaisser. L’organisme conseille, accompagne et informe. Sur son site officiel, l’URSSAF met à disposition de nombreux services en ligne : simulateurs, déclarations dématérialisées, guides pratiques pour les employeurs et les indépendants, FAQ sur la politique de confidentialité, sur l’utilisation des cookies, ou sur la protection des données. Cette dimension d’accompagnement est fondamentale : elle permet aux différents acteurs (employeurs, particuliers, associations) de respecter plus facilement leurs obligations, ce qui réduit mécaniquement les risques d’irrégularités.

L’URSSAF joue aussi un rôle d’interface avec d’autres institutions. Par exemple, les données qu’elle collecte sur les salaires et les cotisations sont utilisées pour calculer les droits à la retraite, certaines prestations sociales ou encore les droits maladie. Un défaut de déclaration peut donc avoir des conséquences très concrètes sur le parcours d’un salarié : trimestres de retraite manquants, droits au chômage réduits, droits à des aides en cas de handicap mal calculés. Pour cette raison, signaler une fraude ou un abus à l’URSSAF n’est pas seulement un geste civique abstrait ; c’est parfois un moyen de protéger les droits futurs d’une personne ou d’un groupe de salariés.

Enfin, l’URSSAF intervient de plus en plus dans des domaines nouveaux : plateformes numériques, micro-entrepreneurs, nouveaux modes de travail. Les frontières entre salariat et indépendance sont parfois floues, ce qui peut conduire à des abus (faux indépendants, cotisations minimisées, absence de protection sociale réelle). Dans ces situations, l’organisme peut requalifier une relation de travail, réclamer les cotisations dues et, le cas échéant, sanctionner. Comprendre ce rôle est clé si vous souhaitez dénoncer une situation où des travailleurs sont privés de leurs droits sociaux ou mis en danger.

Contrôles, enquêtes et lutte contre la fraude : ce que fait réellement l’URSSAF

Au-delà du recouvrement des cotisations, l’URSSAF dispose d’un pouvoir de contrôle important. Ses inspecteurs sont assermentés et habilités à mener des investigations pour détecter les fraudes sociales, les omissions, les erreurs ou les comportements abusifs. Cette action de contrôle est organisée, méthodique et encadrée par la loi, ce qui lui confère une forte légitimité, mais aussi des limites qu’il est utile de connaître.

Les contrôles de l’URSSAF peuvent être de plusieurs types. Certains sont ciblés : ils font suite à un signalement, à une alerte interne, à des données croisées avec d’autres administrations, ou à des incohérences dans les déclarations. D’autres sont aléatoires ou de routine, pour vérifier que les règles sont correctement appliquées dans un secteur donné. L’objectif est de s’assurer que les cotisations sociales sont bien calculées, déclarées et versées, mais aussi que les statuts des travailleurs sont correctement définis.

Lors d’un contrôle, les inspecteurs de l’URSSAF peuvent :

  • se rendre dans l’entreprise ou sur un chantier, parfois sans prévenir, pour constater la présence effective des salariés ;
  • demander à consulter des documents : bulletins de paie, contrats de travail, registre du personnel, factures, comptabilité, etc. ;
  • interroger les salariés, les travailleurs indépendants ou les dirigeants sur la réalité des conditions de travail ;
  • vérifier la cohérence entre la masse salariale déclarée et l’activité réelle.

Parmi les fraudes et abus les plus fréquemment détectés, on trouve :

  • le travail dissimulé (salariés non déclarés ou heures supplémentaires non déclarées) ;
  • les sous-déclarations de salaires pour réduire les cotisations ;
  • la dissimulation de certaines activités ou de certains établissements ;
  • le recours abusif à de faux indépendants pour éviter le statut de salarié ;
  • les montages destinés à contourner les règles d’exonérations de cotisations sociales.

Quand une fraude est avérée, l’URSSAF peut redresser l’entreprise ou la personne contrôlée : cela signifie réclamer les cotisations non versées, assorties de majorations et, parfois, de pénalités importantes. Dans les cas les plus graves (organisation systématique de travail dissimulé, fraude en bande organisée, exploitation de personnes vulnérables ou en situation de handicap), l’URSSAF peut transmettre le dossier au parquet pour des poursuites pénales. Les sanctions peuvent aller jusqu’à des peines d’emprisonnement et de lourdes amendes.

Ce rôle de contrôle fait de l’URSSAF un acteur clé dans la lutte contre la fraude sociale. Il protège les travailleurs, mais aussi les entreprises qui respectent les règles : un concurrent qui triche sur ses cotisations a un avantage économique injuste. Signaler un comportement frauduleux peut donc participer à rétablir une certaine équité. Pour autant, les inspecteurs doivent respecter des garanties : ils sont tenus à la confidentialité, doivent justifier de leur identité, et leurs constats peuvent être contestés dans un cadre contradictoire.

Pour les personnes qui souhaitent partager des informations avec l’URSSAF, il est important de savoir que les contrôles ne sont jamais déclenchés automatiquement à partir d’un simple message. Les informations sont analysées, recoupées, mises en perspective avec d’autres données. Un signalement sérieux, détaillé et factuel a bien plus de chances d’être pris en compte et d’aboutir à une enquête. À l’inverse, les dénonciations calomnieuses ou manifestement infondées peuvent rester sans suite, voire, dans les cas extrêmes, exposer leur auteur à des poursuites. D’où l’importance de bien préparer son démarche, en respectant la loi et un minimum d’éthique.

Signaler un abus ou une fraude à l’URSSAF : démarches, preuves et précautions

Si vous êtes témoin d’une situation douteuse liée aux cotisations ou aux déclarations sociales (salariés non déclarés, travail dissimulé, fausse déclaration de statut, fraude sur des aides liées au handicap, etc.), vous pouvez décider de la signaler à l’URSSAF. Cette démarche n’est pas anodine : elle peut avoir des conséquences importantes pour les personnes mises en cause, mais aussi pour vous. Il est donc essentiel de procéder de manière réfléchie, structurée et sécurisée.

La première étape consiste à identifier clairement les faits que vous souhaitez dénoncer. Évitez les appréciations vagues du type « ambiance toxique » ou « employeur pas sérieux » si elles ne se traduisent pas par des irrégularités sociales concrètes. L’URSSAF s’intéresse à ce qui touche aux cotisations, aux déclarations de salariés, aux rémunérations, aux statuts. Par exemple :

  • un salarié qui travaille régulièrement sans contrat ni fiche de paie ;
  • des heures supplémentaires systématiquement payées « au noir » ;
  • un employeur qui vous demande de facturer en micro-entreprise alors que vous travaillez comme un salarié à temps plein ;
  • une entreprise qui emploie des personnes en situation irrégulière sans les déclarer ;
  • une structure qui détourne des dispositifs d’aide à l’emploi ou des aides sociales.

Ensuite, rassemblez les éléments concrets dont vous disposez. Il peut s’agir :

  • de documents (captures d’écran d’échanges, plannings, messages, relevés bancaires montrant des paiements non déclarés, fiches de paie incohérentes) ;
  • de témoignages (en votre nom ou anonymisés, si vous devez protéger des collègues) ;
  • de détails précis : adresse du lieu de travail, horaires effectifs, identité des responsables, nom de la société, type de services ou de produits vendus.

Vous pouvez ensuite utiliser différents canaux pour votre signalement :

  • le formulaire de contact ou les services de messagerie sécurisée disponibles sur le site officiel de l’URSSAF ;
  • le courrier postal adressé à l’URSSAF compétente pour le département où se situe l’entreprise ;
  • dans certains cas, un déplacement ou un appel téléphonique pour être orienté sur la bonne procédure (mais l’URSSAF privilégie généralement l’écrit pour tracer les échanges).

Lors de votre signalement, restez factuel, neutre et précis. Indiquez :

  • qui fait quoi (nom ou dénomination sociale, fonction, activité) ;
  • où se déroulent les faits (adresse, établissement, chantier, site internet le cas échéant) ;
  • quand (période, fréquence, horaires) ;
  • comment (modalités du travail, paiements, consignes données) ;
  • en quoi ces faits semblent constituer une infraction aux règles de protection sociale ou aux obligations de cotisations.

Sur Cyberdénonciation, l’objectif est de vous aider à sécuriser cette démarche. Par exemple, vous pouvez être conseillé pour anonymiser certains documents avant de les partager, vérifier que vous ne diffusez pas d’informations couvertes par un secret professionnel, ou encore comprendre la politique de traitement des données et des cookies d’un site lorsque vous utilisez un formulaire en ligne. N’hésitez pas à utiliser un appareil sécurisé, à effacer votre historique de navigation, et à éviter les connexions depuis un poste appartenant à l’employeur mis en cause.

Enfin, demandez-vous toujours quel est votre objectif : protéger des collègues vulnérables, préserver vos propres droits sociaux, ou participer plus largement à la lutte contre la fraude sociale. Cette réflexion vous aidera à garder une démarche mesurée et à ne pas dériver vers la dénonciation systématique ou la vengeance personnelle. Un signalement bien construit, centré sur des faits vérifiables, est beaucoup plus utile pour l’URSSAF, et réduit les risques de contestation.

Vos droits, garanties et risques lorsque vous faites un signalement

Dénoncer une fraude à l’URSSAF n’est pas un geste anodin. Vous engagez votre responsabilité, mais la loi prévoit aussi des mécanismes de protection pour certaines personnes, notamment les lanceurs d’alerte. Avant de faire un signalement, il est donc crucial de comprendre à la fois vos droits, les garanties dont vous pouvez bénéficier, et les risques potentiels.

Tout d’abord, l’URSSAF est tenue à la confidentialité des informations qu’elle reçoit. Les inspecteurs et les agents n’ont pas le droit de dévoiler l’identité de la personne qui a partagé des informations, sauf cas très particuliers prévus par la loi. Dans la pratique, lorsque l’organisme déclenche un contrôle, il n’indique pas qu’il intervient suite à une dénonciation, et encore moins qui en est à l’origine. Cela ne signifie pas que votre identité sera forcément indétectable dans tous les contextes, mais vous bénéficiez d’une certaine protection institutionnelle.

Ensuite, si vous entrez dans la définition d’un lanceur d’alerte au sens de la loi française (par exemple, si vous signalez de bonne foi des faits graves, répétés, portant atteinte à l’intérêt général, et que vous êtes en mesure de les documenter), vous pouvez bénéficier d’une protection renforcée. Cela signifie notamment que l’employeur n’a pas le droit de vous sanctionner, vous licencier ou vous discriminer à cause de votre signalement. Cette protection peut aussi concerner des personnes en situation de handicap ou vulnérables qui dénoncent des abus dont elles sont victimes ou témoins.

Cependant, il existe des limites. La dénonciation calomnieuse est punie par la loi. Si vous accusez une personne ou une entreprise de faits que vous savez faux, ou si vous inventez des éléments dans l’intention de nuire, vous pouvez être poursuivi pénalement. De même, utiliser des informations obtenues de manière illégale (intrusion informatique, violation du secret professionnel, vol de documents) peut poser problème, même si les faits dénoncés sont réels. Sur un site comme Cyberdénonciation, il est donc important de rappeler que les conseils sont donnés pour vous aider à rester dans un cadre légal.

Vous avez également le droit de garder l’anonymat dans certaines démarches, mais l’anonymat peut limiter l’impact de votre signalement. Un message anonyme très vague a peu de chances d’aboutir. À l’inverse, un signalement détaillé, même anonymisé, avec des éléments concrets, peut déclencher des actions plus sérieuses. Vous pouvez par exemple choisir de ne pas révéler votre identité à l’employeur, tout en fournissant vos coordonnées à l’URSSAF pour qu’elle puisse vous recontacter si nécessaire. Cela crée un équilibre entre protection de votre personne et efficacité de la démarche.

Sur le plan pratique, il est conseillé de :

  • conserver des copies de ce que vous envoyez (sans les stocker sur un poste contrôlé par l’employeur) ;
  • vous informer sur vos droits auprès d’un syndicat, d’une association de défense des droits, ou d’un professionnel du droit ;
  • ne pas annoncer publiquement que vous avez dénoncé, surtout dans un contexte tendu, pour éviter les représailles informelles (mise au placard, harcèlement, isolement).

N’oubliez pas non plus que l’URSSAF n’agit pas instantanément. Une enquête prend du temps, les contrôles sont programmés et doivent respecter des procédures. Vous risquez de ne pas être informé directement des suites précises de votre signalement, car l’organisme est tenu par des règles de secret professionnel. Cela peut être frustrant, mais fait partie des garanties globales du système. L’important est que les informations que vous avez choisies de partager soient prises en compte dans un cadre structuré et légal.

Cas pratiques : travail dissimulé, faux indépendants, abus liés au handicap et aux aides sociales

Pour mieux comprendre à quoi sert concrètement un signalement à l’URSSAF, il est utile d’illustrer par des cas pratiques. Ces exemples ne remplacent pas un avis juridique personnalisé, mais ils permettent de repérer des situations typiques que vous pouvez rencontrer dans votre parcours professionnel ou personnel.

Travail dissimulé dans une petite entreprise

Imaginez que vous travaillez dans un restaurant. Certains collègues sont payés « en liquide », sans contrat écrit, sans fiche de paie. Ils ne sont pas déclarés comme salariés : aucune cotisation n’est versée pour eux. En cas d’accident, de maladie, ou de chômage, ils n’auront pas de protection sociale effective. Ce type de travail dissimulé est au cœur de la mission de contrôle de l’URSSAF.

Si vous souhaitez signaler ces faits, vous pouvez décrire précisément : le nom du restaurant, son adresse, les horaires, le nombre approximatif de personnes non déclarées, le mode de paiement. Vous pouvez, si vous en disposez, partager des échanges écrits (messages demandant de venir travailler sans contrat, par exemple) ou des plannings. L’URSSAF, informée, pourra programmer un contrôle sur place, souvent sans prévenir, pour vérifier la présence de personnes non déclarées.

Faux indépendants dans le secteur du numérique

Autre situation fréquente : une entreprise fait appel à des « freelances » officiellement, mais impose les mêmes contraintes qu’à des salariés : horaires fixes, lieu de travail imposé, consignes détaillées, impossibilité d’avoir d’autres clients. Ces personnes sont en réalité des salariés déguisés, privés des droits associés (congés payés, chômage, cotisations retraite plus complètes). L’URSSAF peut requalifier cette relation de travail en salariat.

Dans ce cas, le signalement peut décrire la nature de la relation : existence d’un lien de subordination, exigence de présence au bureau, contrôle des horaires, sanctions en cas de retard, etc. Les inspecteurs pourront ensuite analyser les contrats, les factures, la réalité du travail. Les conséquences pour l’entreprise peuvent être importantes : paiement rétroactif des cotisations, régularisation de la situation des faux indépendants.

Abus liés au handicap et aux aides sociales

Certains abus touchent spécifiquement des personnes en situation de handicap ou bénéficiaires d’aides sociales. Par exemple, un employeur peut déclarer embaucher une personne handicapée pour bénéficier d’aides ou d’allégements de cotisations, tout en ne respectant pas réellement les conditions de travail ou en dissimulant une partie de la rémunération. D’autres cas concernent des structures qui emploient des personnes vulnérables avec des contrats complexes, en jouant sur leur méconnaissance de leurs droits sociaux.

Signaler ces abus à l’URSSAF permet non seulement de rétablir des cotisations correctement calculées, mais aussi de protéger des personnes fragiles. Dans ce type de signalement, il est souvent utile de mentionner également d’autres organismes (MDPH, CAF, Pôle emploi, etc.) qui pourraient être concernés par la fraude. Cyberdénonciation peut vous aider à comprendre quelles institutions sont compétentes pour quel aspect (cotisations, prestations, droit du travail) et à structurer vos démarches.

Dans tous ces cas, ce qui fait la différence, c’est la qualité des informations transmises. Plus vos descriptions sont précises, factuelles, et centrées sur des éléments en lien direct avec les cotisations et la protection sociale, plus l’URSSAF pourra intervenir efficacement. Partager des rumeurs, des impressions ou des conflits personnels, sans lien avec des infractions sociales, ne relève pas de la mission de l’organisme.

Enfin, n’oubliez pas que la fraude sociale peut aussi concerner des personnes physiques : quelqu’un qui cumule indûment des aides en dissimulant une activité non déclarée, par exemple. Dans ces cas, l’URSSAF peut travailler avec d’autres administrations pour vérifier la réalité des déclarations. Votre rôle, si vous décidez de dénoncer, reste le même : décrire des faits observables, sans exagération, et en gardant à l’esprit les principes de proportionnalité et de respect de la vie privée.

Bien se préparer avant de dénoncer : conseils pratiques et bonnes pratiques numériques

Avant de faire un signalement à l’URSSAF, il est fortement recommandé de prendre un temps de préparation. Cette étape permet de protéger vos intérêts, d’augmenter l’impact de votre démarche et de limiter les risques, notamment en matière de sécurité numérique et de respect des cadres légaux.

Sur le plan pratique, commencez par faire un inventaire des informations dont vous disposez. Notez, pour vous-même, les dates, les lieux, les personnes impliquées, les échanges dont vous vous souvenez. Classez les preuves potentielles : emails, messages, photos, relevés de temps, documents administratifs. Veillez toutefois à ne pas violer de règles internes (par exemple, accéder à des fichiers pour lesquels vous n’avez aucun droit d’accès). Il vaut mieux un signalement solide basé sur des éléments dont vous pouvez légitimement disposer, qu’une démarche affaiblie par des preuves obtenues illégalement.

Ensuite, réfléchissez à votre niveau d’exposition. Êtes-vous encore salarié de l’entreprise concernée ? Êtes-vous un ancien employé, un client, un prestataire, un voisin ? Selon votre position, les risques de représailles ou de tensions peuvent varier. Parfois, il peut être prudent de solliciter un avis extérieur avant de partager des informations : un syndicat, un avocat, une association spécialisée dans la défense des droits des salariés ou des personnes en situation de handicap.

Sur le plan numérique, adoptez des réflexes simples mais efficaces :

  • utilisez un appareil personnel, non géré par l’employeur, pour vos recherches et vos envois ;
  • privilégiez une connexion privée (évitez les réseaux Wi-Fi publics non sécurisés) ;
  • vérifiez que le site de l’URSSAF ou de Cyberdénonciation est bien sécurisé (présence du « https » dans l’URL) ;
  • consultez la politique de confidentialité et la politique de cookies des sites que vous utilisez, pour savoir quelles données sont collectées et comment elles sont traitées ;
  • effacez l’historique de navigation et les fichiers temporaires après vos démarches, si vous utilisez un appareil partagé.

Vous pouvez également envisager l’utilisation d’adresses email dédiées ou de services qui permettent un degré d’anonymat supplémentaire, tant que cela ne complique pas exagérément la communication avec l’URSSAF. L’important est que l’organisme puisse, si nécessaire, vous poser des questions complémentaires. Si vous craignez d’être identifié via votre adresse principale, une adresse distincte, créée pour cette démarche, peut être une option.

Avant d’envoyer votre signalement, relisez-le avec un œil critique. Posez-vous quelques questions simples :

  • Les faits sont-ils exposés clairement, sans termes injurieux ni accusations gratuites ?
  • Ai-je distingué ce que j’ai vu de mes interprétations personnelles ?
  • Les éléments que je fournis concernent-ils réellement les cotisations ou les obligations sociales (et pas uniquement un conflit interpersonnel) ?
  • Ai-je supprimé ou anonymisé les informations qui ne sont pas nécessaires au traitement de l’alerte (par exemple, certains détails trop intimes sur la vie privée de personnes non concernées) ?

Enfin, préparez-vous psychologiquement à ce que le processus prenne du temps. Vous ne recevrez pas forcément de retour détaillé, ni de remerciement officiel. La lutte contre la fraude sociale est un travail de fond. Votre signalement s’inscrit dans un ensemble de données, d’enquêtes et de contrôles. Même si vous ne voyez pas immédiatement les effets, vous contribuez potentiellement à protéger des droits sociaux, à sécuriser des parcours professionnels, et à soutenir ceux qui, parfois, n’ont pas la capacité de se défendre seuls.

Cyberdénonciation a pour ambition de vous offrir un cadre de réflexion et des outils pratiques pour que vos démarches de signalement, notamment auprès de l’URSSAF, soient responsables, sécurisées et utiles. En comprenant bien le rôle de l’URSSAF, ses services, ses limites, et les droits dont vous disposez, vous pouvez agir avec lucidité, sans céder ni à la peur, ni à la tentation de la dénonciation impulsive. Votre parole, quand elle est structurée et informée, peut devenir un levier de protection sociale pour vous et pour les autres.

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